mardi, mai 23, 2006

Du mauvais au bon

Un bilan saisissant

C’est en Afrique subsaharienne que l’on retrouve les 2/3 des nouveaux cas de VIH et les 3/4 des décès qui y sont liés.
Vingt-huit millions de personnes – chiffre de peu inférieur à celui de la population du Canada – sont aujourd’hui infectées par le virus.
Certains pays de l’Afrique, notamment ceux de l’est et de l’ouest, enregistrent un ralentissement de la propagation du VIH/sida depuis quelques années.

Les jeunes à risque

Plus de 47 % de la population africaine a entre cinq et vingt-quatre ans.
Le taux de mortalité infantile en Afrique s’élève à 90 enfants morts pour 1 000 naissances vivantes; au Canada, le ratio s’élève à 5,5 décès pour 1 000 naissances.

L’exode des cerveaux

L’Afrique a le taux de chômage chez les jeunes le plus élevé du monde (25,6 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et 21 % en Afrique subsaharienne).
L’Afrique perd environ 20 000 professionnels par année aux profits des pays industrialisés.

Un bond en avant

· L’Afrique subsaharienne compte 15 lignes téléphoniques principales pour chaque tranche de 1 000 personnes; au Canada, on en compte 676.
· Le marché africain des télécommunications mobiles connaît l’expansion la plus rapide du monde; sept téléphones sur dix en Afrique sont des téléphones mobiles.
· En 2000, le nombre de téléphones mobiles distribués surpassait le nombre de lignes fixes installées au cours du siècle dernier.

Urbanisation galopante

Le continent africain connaît la croissance urbaine la plus rapide au monde. D’ici à 2030, la moitié de sa population vivra et travaillera en milieu urbain.
72 % de la population urbaine d’Afrique vit dans des bidonvilles.
Seul 7,5 % de la population des villes vit dans des demeures qui sont reliées à un réseau d’égouts.

Immigration au prochain thème

lundi, mai 15, 2006

Le Sida


Le Sida, une maladie que l'on noublie souvent, si nous voulons nous réveiller il va falloir en tenir compte aussi. voici ce que je vous propose :

Un bilan saisissant

C’est en Afrique subsaharienne que l’on retrouve les 2/3 des nouveaux cas de VIH et les 3/4 des décès qui y sont liés.
Vingt-huit millions de personnes – chiffre de peu inférieur à celui de la population du Canada – sont aujourd’hui infectées par le virus.
Certains pays de l’Afrique, notamment ceux de l’est et de l’ouest, enregistrent un ralentissement de la propagation du VIH/sida depuis quelques années.

Qu'est ce que le VIH ?
Le terme désigne l'infection au virus d'immunodéficience humaine. Le sigle SIDA est employé pour le syndrome d'immunodéficience acquise, les manifestations cliniques d'un stade avancé de la maladie. Le VIH s'attaque aux cellules qui défendent l'organisme contre les infections. Depuis longtemps, ce virus ne touche plus seulement les homosexuels et les toxicomanes.Il y a dix ans, en France, on comptait 1 femme pour 7 hommes parmi les cas de sida. Aujourd'hui on dénombre 1 femme pour 3 hommes. En 2004, 43 % des personnes contaminées étaient des femmes.


Pourquoi et comment se faire dépister ?

Le test, entièrement gratuit et totalement anonyme, se fait sans ordonnance dans une Consultation de dépistage anonyme et gratuit. Il n'est pas utile d'être à jeun pour la prise de sang. Le résultat s'obtient en général en une semaine. Si le test de dépistage pratiqué est positif, c'est qu'il y a eu contamination par le VIH. Une prise en charge est alors proposée. Si le test est négatif, il faudra en refaire un autre. Le dépistage est essentiel. Parce qu'ils ne connaissaient pas leur statut sérologique, certains patients commencent un traitement alors que leur santé est déjà dégradée. Les thérapies sont alors beaucoup moins efficaces. Le festival Solidays proposera d'ailleurs cette année et pour la première fois un centre de dépistage.

Comment se protéger ?

Quel que soit le type de pénétration, il faut utiliser un préservatif à la norme NF. Lorsque l'un des partenaires est séropositif, le virus se transmet si les relations sexuelles ne sont pas protégées. Lors des pénétrations, un gel lubrifiant à base d'eau évite la rupture. Ce gel est disponible en pharmacie ou en grande surface.

Et pour les femmes ?
Physiologiquement, Le risque de contamination chez la femme est de deux à quatre fois supérieur que chez l'homme d'où l'importance de la protection. Le préservatif féminin est disponible dans les pharmacies et gratuitement dans les antennes de l'association Aides. Bien utilisés, les préservatifs masculin et féminin sont efficaces à 100 %. Une mère peut aussi le transmettre à son enfant lors de la grossesse, l'accouchement et l'allaitement, mais un traitement existe pour prévenir cette transmission.

Quels sont les symptômes ressentis en cas de contamination ?

Fièvre, angine et ganglions apparaissent fréquemment entre huit jours et trois à quatre semaines après la contamination. Il faut consulter rapidement un médecin. Mais seul un test de dépistage pourra déterminer s'il y a eu infection. Il est également tout à fait possible d'être contaminé(e) sans ressentir le moindre symptôme. Mieux vaut donc être vigilant.

Témoignage « Mon bébé a été sauvé du VIH »

Au Botswana, plus de 37 % des femmes enceintes qui font le test du sida sont séropositives. Et près de 50 % des jeunes. Déterminé à « faire la guerre au sida », le gouvernement, en partenariat avec l’Unicef, assure la gratuité des tests et des traitements anti-rétroviraux. Grâce à un protocole de soins, des nourrissons sont désormais épargnés par le virus à la naissance. Témoignage.

Enceinte mais séropositive

Elle s'appelle Sara et vit à Gabane, un petit village du Botswana, au sud de l'Afrique. En 2001, cette jeune femme à l'allure encore adolescente s'aperçoit qu'elle est enceinte. Enceinte, mais aussi séropositive. « Quand je suis allée à la clinique pour passer ma première visite prénatale, on m'a proposé de faire un test de dépistage du VIH. Tranquille, j'ai accepté. Et là, le choc ! ». Sara interroge les médecins sur l'avenir de son bébé : « Va-t-il naître avec le virus du sida ? Va-t-il mourir ? Peut-on le sauver ? »


Traitement pendant la grossesse et à l'accouchement
La clinique propose alors à la future maman un traitement AZT pendant sa grossesse, avec une double dose au moment de l'accouchement. « On m'a expliqué qu'avec cette prise en charge médicale le nombre de bébés séropositifs était passé de 40 % à 20 % en deux ans ». Le 27 mai 2002, Sara met au monde un petit garçon, Eliot. « Avant de savoir s'il était ou non porteur du VIH, j'ai dû attendre six semaines la peur au ventre ».


Le sida reste tabou

Suivant le programme PMTCT à la lettre, la jeune maman renonce à donner le sein à son bébé. L'allaitement est en effet un facteur de risque important de contamination. Mais, en Afrique, donner des biberons de lait en poudre à un nourrisson est contre-nature. Dans le village, c'est aussi un facteur de stigmatisation. « Les gens disent : si elle n'allaite pas son enfant, c'est qu'elle a le sida. Et le sida reste tabou. Cela n'a pas été facile, mais j'ai donné à mon fils toutes les chances de vivre. »Sara a eu raison. Le premier test s'est révélé négatif. Le second aussi. « J'estime que mon bébé a été sauvé grâce à ce protocole de soins. Evidemment, moi, je reste séropositive. Il m'arrive d'avoir des crises d'herpès, signe que la maladie évolue », témoigne la jeune femme de 27 ans, qui a rejoint la soixantaine de bénévoles de son village. « Je participe aux soins à domicile. Et avec d'autres personnes séropositives, nous organisons des réunions pour sensibiliser les gens, et surtout les jeunes, à se prendre en charge, faire un test de dépistage, se soigner, utiliser des préservatifs. Aujourd'hui, je n'ai plus peur de dire que je suis séropositive. Pas peur non plus de dire que j'ai changé ma façon de vivre, car je ne veux pas transmettre le virus. Oui, j'ai le VIH, mais je le garde pour moi. »

A vous la Parole

vendredi, avril 28, 2006

Les défis auxquels le continent fait face et des progrès accomplis dans les dernières années

Un obstacle au développement

32 des 38 pays pauvres les plus endettés du monde se trouvent en Afrique.
Depuis quelques années, 0,50 $ de chaque dollar américain distribué en aide est retourné aux pays nantis en guise de remboursement de la dette.

Une population affamée

· Près de 34 % de la population africaine souffre de carence alimentaire grave, soit presque deux fois plus que pour le reste des pays en développement.
· Les femmes africaines produisent plus de 2/3 des produits agricoles et jouent un rôle actif dans le commerce et la transformation.

Encore beaucoup à faire

32 des 38 pays pauvres les plus endettés du monde se trouvent en Afrique.
Depuis quelques années, 0,50 $ de chaque dollar américain distribué en aide est retourné aux pays nantis en guise de remboursement de la dette.

Le fardeau de la maladie

On dénombre en Afrique subsaharienne 90 % des 300 à 500 millions de cas cliniques de paludisme par année dans le monde.
On estime qu’en Afrique, un enfant meurt du paludisme toutes les 30 secondes.
L’utilisation d’une moustiquaire imprégnée peut réduire de 95 % les piqûres de moustiques et entraîne une baisse de jusqu’à 60 % de la mortalité infantile.

Sélectionné par Philippe


Sources: Banque mondiale, Fonds des Nations Unies pour la population, Population Reference Bureau, Organisation mondiale de la Santé, Department for International Development (Royaume-Uni), UNAID, Organisation internationale du Travail, Commission pour l’Afrique.

lundi, avril 17, 2006

Combien d’immigrés clandestins en France?



Par Antonio Garçia (RFI)
La Commission d’enquête du Sénat français a formulé jeudi 54 recommandations pour fournir une réponse ferme, juste et humaine au phénomène de l’immigration clandestine. Ce problème agite régulièrement l’opinion publique française. Mais on ignore exactement quelles sont les véritables dimensions du flux de clandestins.

La commission d’enquête considère que l’immigration clandestine est « une réalité inacceptable » qui exige une réponse « ferme, juste et humaine ». Pour cela, 45 recommandations ont été formulées qui prévoient, notamment, la mise en place d’outils statistiques pour évaluer l’importance du phénomène des « sans papiers ». Le communiqué qui a été distribué lors de la conférence de presse au Palais du Luxembourg souligne que l’effort doit porter en premier lieu sur la réduction des flux d’immigrés irréguliers ce qui permettra aussi de lutter contre le développement d’une nouvelle criminalité de passeurs néo-esclavagistes.
La Commission considère qu’il faut « connaître, prévenir et traiter » cette délicate question, tout en soulignant que l’immigration clandestine, dont les immigrés eux mêmes sont les premières victimes, nuit à l’intégration des étrangers en situation régulière et comporte des risques de déstabilisation économique et sociale, notamment dans les Départements et territoires d’outre-mer, tels que la Guyane, la Guadeloupe et Mayotte. Cette commission, présidée par le sénateur radical de Guyane Georges Othily fut crée en octobre 2005, suite aux événements dramatiques de Ceuta et Melilla et suite aux incidents survenus à Mayotte.

Développer les pays fournisseurs de clandestins pour enrayer le flux

Pour la commission d’enquête, la seule solution de fond au problème passe par le développement des pays sources de l’immigration, ce qui va exiger un approfondissement et une plus grande coordination des politiques de coopération européenne, nationale et locale. Le communiqué signale, aussi, qu’il faut intensifier la lutte contre le séjour irrégulier, ce qui va exiger l’établissement de nouveaux type de visas et des mesures pour prévenir le détournement de la procédure d’asile. La Commission s’est aussi prononcée sur l’éloignement des étrangers en situation irrégulière «dans de brefs délais ».
Il est, pour le moment, absolument impossible d’avoir une idée exacte de l’importance numérique du phénomène migratoire clandestin en France. La Commission sénatoriale préconise ainsi la réalisation d’une enquête qui devra être confiée à l’INSEE, l’Institut national de la statistique et des études économiques. Cette étude devra être placé sous l’égide d’un Observatoire statistique de l’immigration et de l’intégration. On prévoit aussi une interconnexion des différents fichiers administratifs sur les étrangers.

Clandestins et demandeurs d’asile

Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy considère qu’entre 200 000 et 400 000 clandestins seraient présents sur le territoire et entre 80 000 et 100 000 supplémentaires y entreraient chaque année. La question des clandestins a commencé à se manifester en 1974, lors du premier choc pétrolier, peu de temps après l’élection du président Giscard d’Estaing. Depuis cette date, l’immigration clandestine est donc devenue un constante de la vie politique et sociale française, sans parler des problèmes humains graves que se sont manifestés et qui ont souvent conduit à des manifestations et à des grèves de la faim des sans papiers.
Lors de l’élection du président socialiste François Mitterrand, en 1981, le gouvernement a permis la régularisation d’environ 130 000 clandestins. En 1991, le gouvernement de gauche de Mme Edith Cresson a autorisé la régularisation de 15 000 demandeurs d’asile. Et, en 1998, le gouvernement de Lionel Jospin (gauche plurielle) permit que 80 000 étrangers en situation illégale puissent avoir aussi des documents.

Demandes d’asile en baisse

Les organisations d’aide aux travailleurs étrangers, telles que le GISTI, pensent que le nombre de clandestins vivant en France correspond au double du nombre de demandeurs d’asile. L’Office français de protection des réfugies et apatrides a signalé mercredi, dans son rapport annuel, que la demande d’asile globale s’est élevée en 2005 à 59 221 dossiers. Ces chiffres montrent qu’il y a eu une baisse de 9,7% par rapport aux demandes enregistrées en 2004. Les africains (Congolais, Ivoiriens, Guinéens et Nigériens) sont les plus nombreux dans cette liste, avec environ 13 000 demandes d’asile. Les asiatiques ( Chine, Bangladesh, Pakistan et Sri Lanka) ont présenté 11 000 dossiers selon l’OFPRA.
Il faut noter que huit sénateurs socialistes, communistes et verts se sont désolidarisés du rapport de la Commission d’enquête du Sénat sur l’immigration clandestine. Ils contestent notamment la « suspicion généralisée frappant les demandeurs d’asile » et ils soupçonnent la commission d’enquête d’être au service d’une formation politique.
Le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy vient d‘élaborer un projet de loi visant à privilégier une immigration « choisie » et non plus « subie », durcissant les règles d’entrée des étrangers en France. Ce projet va être débattu à l’Assemblée nationale à partir du 2 mai prochain. Les organisations de soutien aux immigrés considèrent que le rapport de la commission sénatoriale pourra être utile au ministre mais que son projet va augmenter le nombre de sans papiers.

jeudi, avril 13, 2006

L'Afrique dans les faits et les chiffres (2)

Des avancées importantes

L’économie de l’Afrique a connu une croissance de 4,6 % en 2004, la plus importante depuis au moins dix ans.
En 2003, 24 pays de l’Afrique subsaharienne ont eu des taux de croissance d’au moins 5 %.

Une situation qui s’améliore

En 1990, 25 % des enfants africains furent exclus de la première année; en 2003, le taux était de moins de 10 %.
Les inscriptions aux premières années d’école secondaire ont passé de 28 % en 1991 à 46 % en 2003.
Bien que le taux d’alphabétisme va croissant depuis quelques décennies, environ 40 % des Africains de 15 ans et plus et 50 % des femmes de 25 ans et plus sont analphabètes.

Le progrès à petit pas

On compte plus d’internautes à New York que sur le continent africain tout entier.
L’accès local à Internet est maintenant disponible dans toutes les capitales du continent.

mercredi, avril 12, 2006

Et si on parlait enfin de tout ce qui va bien ?

Par Jean Dassiam Fiawoumo est journaliste indépendant, spécialisé sur l’économie africaine. Sur Internet : www.dassiam.blog.lemonde.fr (LE MONDE, 23/02/06):

Récemment plusieurs rapports sur l’économie africaine ont vu le jour. OCDE en juillet 2005. Rapports de l’ONU et du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique) en décembre 2005. Il est effarant de constater que, dans l’ensemble, leurs analyses convergent toutes vers une seule et même conclusion positive - globalement, l’Afrique est dans une phase de reprise économique et de croissance -, alors que la couverture médiatique de ces rapports (et de l’Afrique en général) reste invariablement défaitiste : "Pas assez." "Trop peu." "Malgré la croissance, la sécurité alimentaire est précaire." "La croissance ne suffit pas à atténuer la pauvreté…"
Oui, oui et mille fois oui, il y a des problèmes sur ce continent, ils sont nombreux et doivent êtres traités. Il n’est nullement question d’occulter la détresse humaine. Mais il est aussi nécessaire de mettre en avant les progrès économiques, surtout lorsqu’ils sont réels et importants. Alors pourquoi ne pas relayer la reprise économique de l’Afrique sans systématiquement la minimiser au point de l’occulter totalement ? Surtout lorsqu’elle est faite en dépit des maux qui la minent et qui pourraient laisser croire que toute progression est impossible ? Il y a un gouffre entre la réalité, qui, globalement, va dans le bon sens, et l’image que l’on continue inlassablement à accoler à ce continent. Voici ce qui ressort des rapports récemment parus :
Une progression de 5 % en moyenne du PIB pour le sous-continent subsaharien en 2004 et 2005. Le meilleur taux depuis dix ans. Une inflation historiquement basse en 2004, à 7,9 %, "la plupart des pays continuant d’endiguer la hausse des prix malgré l’envolée des cours du pétrole", selon "l’Observateur" de l’OCDE. En Afrique centrale, la croissance a été la plus soutenue, à 14,4 %, de quoi faire rêver la Chine. Pour l’Afrique orientale, ce taux est de 6,8 %, entraîné par la performance exceptionnelle de l’Ethiopie, qui enregistre une progression de 10 % de son PIB. "L’Ethiopie… ! Pays qui véhicule davantage une image de famine, auprès du grand public, que celle d’un pays au taux de croissance envié à Bruxelles et même à Washington", s’exclame l’éditorialiste du plus ancien périodique économique spécialisé sur l’Afrique, Marchés tropicaux. L’union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) a aussi une activité économique élevée malgré la crise ivoirienne, maintenant une croissance à 5 % hors Côte d’Ivoire, grâce à "une réorganisation au plan des transports et des échanges extérieurs", une "conjoncture agricole exceptionnelle" et une "politique volontariste d’investissements publics", selon le rapport du CIAN. La conjoncture de l’Afrique australe s’est de même révélée favorable, la croissance passant de 2,6 % en 2003 à 4 % en 2004, malgré la crise au Zimbabwe, et profitant d’une amélioration de la situation politique au Congo RDC, qui s’est traduite par un taux d’investissement de 18,5 % du PIB en 2004.
Le pétrole est certes pour beaucoup dans ces résultats, mais la bonne nouvelle, c’est la performance des pays non producteurs d’or noir, à l’image de la Tanzanie. Une progression du PIB en moyenne de 6 %, l’inflation maintenue à 4,2 % et les revenus fiscaux du gouvernement qui ont quadruplé, à plus de 1,4 milliard d’euros. Si ce n’est le pétrole, mais alors comment font-ils ? Eh bien, les bonnes réformes, une bonne gouvernance, une gestion rigoureuse… En Afrique, ça existe aussi, et ce n’est pas une exception. Hors pétrole, la croissance de l’Afrique centrale est tout de même de 4 %. Sans pétrole aussi, le Botswana a une croissance de près de 5 % et détient l’un des taux les plus élevés d’épargne publique par habitant au monde, ne cédant la place qu’à Singapour et à d’autres pays dispensant une telle gestion prudente du budget de l’Etat.
Il ne s’agit pas ici de faire une sorte d’"humanitaire médiatique", mais de coller le plus possible à l’autre réalité, celle de l’Afrique qui se relève. Lorsque la Bourse du Ghana obtient régulièrement la palme de la meilleure performance mondiale - en 2003, elle a représenté la plus forte croissance boursière au monde -, ce n’est pas une bonne action envers un pays en voie de développement que de le dire. Savoir que l’on peut avoir un rendement de 144 % en y plaçant ses capitaux, c’est simplement de l’information ! Et pourtant. En avez-vous entendu parler ? Je parierais que non. Par ailleurs, selon l’agence fédérale américaine pour les investissements privés à l’étranger - qui ne fait vraiment pas dans l’humanitaire -, l’Afrique offrirait les meilleurs rendements aux investissements étrangers directs (IED). Or c’est le continent qui en attire le moins. A peine 2 % à 3 % des flux mondiaux. Pourquoi ?
Serait-ce notamment parce que, après des années, que dis-je, des décennies d’images de pauvreté, de misère, de maladie, matraquées en continu, il nous semblerait tout simplement impossible que de telles performances puissent être associées à ce continent ? Et si le plus grand problème actuel de l’Afrique était son image ? Qui aurait envie de mettre ses capitaux à un endroit de la planète réputé en guerre constante, miné par la famine et les maladies ? Or, lorsqu’on consulte les différents rapports économiques, lorsqu’on suit la progression des huit dernières années, lorsqu’on regarde l’évolution des conflits depuis dix ans, lorsqu’on voyage à travers le continent, on ne peut plus nier le fait que cette image est fausse.
L’Afrique est aussi une terre de Bourses, de gratte-ciel, de cybercafés et de classes moyennes de plus en plus nombreuses : il suffit d’y aller pour s’en rendre compte. C’est aussi une terre de conflits qui s’apaisent, de démocraties enracinées, de liberté de la presse… Ne pas parler de cette Afrique-là, alors qu’elle est loin d’être minoritaire, c’est faire la caricature constante et unidimensionnelle d’un continent complexe. C’est continuer à faire fuir les IED, alors qu’elle en a un besoin vital, autant voire plus que de l’aide au développement. C’est exclure du paysage médiatique la grande partie de l’Afrique qui marche, au moment où elle a le plus besoin de nos projecteurs.
Nous avons comme un tic de langage qui nous empêche de dire ce constat irréfutable : "l’Afrique croît", sans y adjoindre un "mais" mettant en exergue les aspects disetteux et traîne-misère. Une déformation du verbe qui occulte presque totalement les efforts fournis par tout un continent pour lutter contre ses maux, alors même que ces efforts sont maintenant visibles tant dans les chiffres que dans les faits. L’Afrique change. Mais nous semblons avoir toutes les peines du monde à nous y faire et à nous défaire de nos réflexes réducteurs et misérabilistes, dont les effets néfastes, tels qu’analysés dans un ouvrage comme Un crime médiatique contre l’Afrique, de Christian d’Alayer (édit. Le Bord de l’eau, 2004), ne font plus de doute. N’ajoutons pas aux maux de l’Afrique l’injustice de nos mots, tant il est vrai que, eux aussi, peuvent tuer.

L'Afrique dans les faits et les chiffres

Bon à savoir

je veux ici vous brosser un peu le visage de l'Afrique avec les Chiffres

Les jeunes à risque
Plus de 47 % de la population africaine a entre cinq et vingt-quatre ans.
Le taux de mortalité infantile en Afrique s’élève à 90 enfants morts pour 1 000 naissances vivantes; au Canada, le ratio s’élève à 5,5 décès pour 1 000 naissances.

Des vies écourtées
L’espérance de vie en Afrique est de 46 ans; au Canada, elle est de 80 ans.
Dans neuf pays d’Afrique, l’espérance de vie est de moins de 40 ans.

Vers la stabilité
En 1973, il n’y avait que trois pays africains où l’on tenait des élections multipartites. En 2005, il y en a 40.
En 1998, 14 pays étaient en situation de conflits armés; en 2004, on n’en compte que six.
Malgré cette amélioration, il y a près de 13 millions de personnes déplacées et 3,5 millions de réfugiés en Afrique

Une gorgée à la fois
Seulement 58 % de la population africaine a accès à de l’eau potable.
Plus de 85 % de la population de l’Afrique du Nord a accès à des sources d’eau améliorées.

Philippe

A vous la parole!
Notre Afrique

Notre Afrique, l’Afrique des fiers guerriers comme le disait l’autre, notre Afrique est, et nous le savons déjà, sous développé ou en voie de développement. C’est selon que l’on veut nuancer la chose ou pas. Il faut donc sortir l’Afrique de cet état de sous-développé. Une question ? A qui revient ce travail ? Aux pays dits développés, les pays du nord ou à l’Afrique, le sud ? A tout le monde car tout le monde a une part de travail à accomplir dans ce vaste chantier. Mais je pense pour ma part qu’il appartient véritablement aux africains de travailler à sortir leur continent du sous-développement. Quoi de plus normal ! .

L’Afrique afin de se développer se doit de s’inspirer du travail, de la technologie développée au Nord. Etant donné que la référence, c’est le nord, seule une égalité au niveau développement avec le nord fera de nous des pays dits développés. Nous arrivons ainsi sur la question de transfert de technologies qui devraient nous permettre d’avoir ici au sud les mêmes technologies que le nord.Question encore ? Qui doit faire descendre la technologie du nord au sud ? les techniciens du nord me dira t-on ? c’est bien vrai. Mais puisque nous sommes d’accord que seuls les Africains peuvent véritablement développer l’Afrique, mon regard se tourne vers notre diaspora, les Africains vivant dans les pays développés.Eh! oui, notre diaspora.

Les Africains de la diaspora ont un rôle très important à jouer dans le développement de l’Afrique et ils devraient jouer ce rôle.Ce que nous attendons généralement des pays développés, c’est qu’ils nous financent ( projets de développement, projets humanitaires, recherche etc.) Pourquoi nos frères partis chercher le savoir de l’autre coté ne viendraient-ils pas mettre ce savoir au service de leur continent. Un chimiste de la diaspora se donnerait mieux au développement de la chimie en Afrique, il en est de même pour un médecin, un pharmacien, un informaticien, etc.

Mon site sera une vitrine, aussi petite soit-elle, des activités de l’Afrique en direction de sa diaspora et je l’espère des activités de la diaspora en direction de l’Afrique. La diaspora ainsi informée des actions des africains du continent serait par la même occasion à nous soutenir et à nous aider. Qui en nous donnant des contacts, qui en trouvant des partenaires pour des projets en Afrique ou en venant investir dans leur continent ce qu’ils auront gagné ailleurs.Le site se veut un lien entre l’Afrique et sa diaspora, une sorte de pont qui permettra à la diaspora africaine de revenir aisément sur leurs terres.Il est bien intéressant qu’un groupe étranger vienne initier des promotions immobilières en Afrique mais c’est encore mieux si chaque africain se construisait lui-même une maison dans son pays.L’Afrique doit être développée principalement par les africains, et les africains sont constitués des africains restés en Afrique et des africains vivant hors d’Afrique.

La diaspora africaine ne doit pas oublier l’Afrique parce que comme le dit un proverbe en Afrique : « on est mieux que chez soi »